Plan de Vol - Alpha Centauri

by Yem Senha feat Oxyd Entity

/
  • Streaming + Download

    Immediate download of [alpha centauri ep-track album in your choice of 320k mp3, FLAC, or just about any other format you could possibly desire.

     

1.
2.
02:25

about

credits

released November 11, 2009

tags

license

all rights reserved

about

YeM Senha Midi-Pyrénées, France

contact / help

Contact YeM Senha

Streaming and
Download help

Track Name: alpha centauri bar lounge
Alpha Centaury Bar Lounge

Alpha Centaury Bar Lounge, j’m’installe au comptoir, commande de quoi boire, une bonne boisson locale, l’alcool monte cash, j’tourne le regard à droite, un mutant se désaltère, déballe sa langue au fond de son verre et lape la fin du contenu, des putes entrent dans le bar, un gosse dit à sa mère qu’il rêve de la prendre sur ses genoux. Fond sonore orchestre jazz, batterie piano et basse. J’me tasse sur mon siège, au fond l’établissement dans le noir grouille d’espèces vivantes, deux yeux verts percent les ténèbres puis se cachent ; un vieux routard enchaine les verres de rhum raconte qu’il part pour la terre, deux jeunes se poilent, en face, au billard pari et cash, tout le monde parle de plus en plus fort. Une sorte de grosse bestiole entre puis traverse la salle, tout le monde s’est tue puis ca repart. Le groupe monte l’ampli, après trois quatre verres de plus, j’m’aperçois que mon voisin me cause des complots, d’extra systèmes, de son taf ici sur place… La solitude glace même ici, on rêve tous de s’échapper de sa cage, des vallées fertiles aux galaxies qui songent et on part là bas en rêves chimiques appuyés au bar…

Retour, sensation que mes tempes résonnent bizarrement, par la fenêtre deux soleils sur trois rayonnent, attraction touristique en vogue, les hôtels satellites polluent l’espace, les écolos se plaignent, tous vénèrent Proxima comme source de vie mais s’égarent quand même, pillent les planètes pour vivre dans des cubes flottants comme Alpha Centaury bar lounge qui désemplit pas… Des marchands investissent les lieux, le business marche bien, palabres, wisky contre animaux rares, jarres de bières contre céréales, plantes, microfibres, fractions de liasses, les échanges se terminent tard. J’rejoins l’espace sombre, chacun zieute vers moi, puis se penche sur ses cartes, surement le poker local, la créature clope cigare sur cigare et se couche vexée, j’m’installe dans un coin de la pièce pour finir mon verre. Les danseuses s’approchent et captent mon regard. Le type avec ses yeux verts se barre et se ramasse deux fois avant de sortir, l’ambiance est devenue calme, la musique lente et crade, les mandalas sur le mur m’hypnotisent, une fleur de vie évolutive m’enlace, j’ suis arraché, des groupes de touristes entrent et sortent jettent un regard éteins sur la faune, faudra que j’pense à me tirer avant d’ devenir con, j’regarde l’ensemble de la scène et me marre tout seul avant de m’endormir et m’faire sortir quelques heures plus tard…

Yem Senha (12 février 2009)
Track Name: plan de vol
Plan de vol

Plan de vol raturé mes senseurs déconnent, je navigue aux instruments, le module zigzag entre météores et poussières radioactives, on s’inquiète un peu tout le temps… deux centimètres et demi de l’autre coté, une mort assurée m’attend, moi et mon chargement de puces corticales. Réfléchir à la place des gens devient si banal que ces softwares se vendent comme denrées rares.

Les réserves de carburant sont vides, lune pétrolière en vue, un long chemin à travers la voie lactée m’attend donc je passe dans l’ombre orbitale on se retrouve dans le noir, les cratères projettent des ombres. Les trusters s’éteignent, sans auto pilote, on va voir si les heures passées en simulateur à l’entrainement étaient une perte de temps, j’appuis sur le bouton de descente pour l’alunissage, la manœuvre échoue, j’ai beau rectifier le calcul de trajectoire, la capsule descend en vrille traverse les strates atmosphériques et se crash.

Je suis à l’envers dans ma bulle protectrice plus qu’à attendre les secours si ils passent, j’envois des appels de détresse, un tanker géant s’approche, des êtres poilus à tête ronde en sortent j’ouvre mon module pour qu’ils entrent,

On négocie les réparations contre une part de cargaison et une prise de sang, leur espèce dégénérescente trafique l’ADN, leur peau suinte un liquide visqueux. Je redécolle très vite les réservoirs pleins, plus qu’à atteindre la ceinture d’Orion, je t’averse une pouponnière d’étoiles, les yeux fermés j’entre dans un trou de verre rejoins un point situé à des années lumières en une fraction de seconde, à l’arrivée tous les néons de ma capsule s’éteignent, par le hublot j’observe les rayonnements d’un astre en mutation, sa masse attire toute chose dans son sillage,

Je branche les réacteurs m’écarte, mon voyage s’achève je décharge mon stock sous les lumières d’une planète vivante ; reste juste un fragment de pensée unique à digérer, à travers les immensités stellaires tous connectés, nos pensées interprétées se réfèrent aux usages et normes perdant toute naturalité, je lance un vieux disc terrien « the spider from mars » « Ziggy Stardust », le son ronge mon cerveau comme un messie lépreux et j’repars vers alpha centauri où une nouvelle cargaison m’attend, mes pensées défilent et ma vue se voile, dans mon cockpit ténèbres et désarroi…

Yem senha (juillet2009)